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24/09/2021

Des experts ont trouvé la preuve d'une guerre ancienne qui a duré 100 000 ans

Toute guerre est dévastatrice, mais nos batailles modernes ne sont rien en comparaison de la brutalité des combats dans le monde préhistorique. Des archéologues ont ainsi récemment trouvé des preuves qu'une guerre a duré 100 000 ans et a eu des répercussions jusqu’à l'ère moderne, d'une manière qui nous fait repenser ce que nous pensions savoir de l'histoire.

Vous pensiez que la guerre était une invention moderne ? Détrompez-vous. Nous avons par exemple connaissance d'un conflit en 2 700 avant JC. À l'époque, les premières nations d'Elam et de Sumer en Asie du sud-ouest se sont affrontées. Qui a gagné ? Sumer. Et le chef victorieux Enmebaragesi, roi de Kish, profita de cet avantage pour voler l'armement d'Elam comme butin de guerre.

D’ailleurs, la région de la Mésopotamie, où se trouvait Sumer, avait une histoire de conflit presque sans fin. Les combats ne se sont pas arrêtés lorsque le roi akkadien Sargon le Grand a créé un empire, car il a dû combattre à la fois des révoltes et des peuples envahisseurs. Et certains prétendent que la guerre a donné naissance à l'Égypte, lorsque le pharaon du sud Manes a conquis le nord. Qui a dit que c'était l'amour qui faisait tourner le monde ?

Eh bien, pas les chefs de guerre, c'est sûr ! La Chine est devenue si passionnée par les combats que l'une des époques de son histoire s'appelle la période des Royaumes Combattants. Et, bien sûr, les Romains ont conquis de vastes étendues de notre planète par la force militaire. Certaines de leurs conquêtes recoupaient celles faites autrefois par les Grecs.

Oui, l'histoire est pleine d'histoires d'effusions de sang et de sacrifices. Mais il n'y a aucune raison de croire que les guerres ont commencé quand on a commencé à en faire le récit. En effet, nos gènes et les restes de nos ancêtres révèlent que la guerre pourrait avoir une longue préhistoire - qui a commencé bien avant 2700 av JC.

Cette préhistoire commence sur le continent africain. C'est là que les êtres humains se trouvaient principalement à l’époque, et c'est aussi là que la majeure partie de l'évolution de notre espèce s'est produite. Vous l'avez compris : nos premiers ancêtres étaient africains. Et nous le savons parce que nous avons trouvé des fossiles de ceux qui y vivaient il y a de deux à six millions d'années.

En 1960, par exemple, des chercheurs ont découvert en Tanzanie des fossiles qui semblaient provenir d'un croisement entre des humains et des créatures simiesques appelées australopithes. C'étaient les descendants d'Homo habilis, qui a été reconnu comme la première espèce à être vraiment humaine. Un descendant d'Homo habilis peut avoir été Homo erectus.

Jusqu'à 20 espèces différentes ayant foulé la Terre à l’époque pourraient être décrites comme humaines. Cependant, les experts ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur la façon dont elles sont toutes connectées, et la question de savoir lesquelles ont eu des successeurs et lesquelles ont tout simplement disparu n’est pas encore tranchée. Les archives fossiles sont en effet assez mauvaises ! Et bien que beaucoup de ces espèces n'aient eu aucun descendant, au moins une en a eu : la nôtre.

Il y a environ 600 000 ans, l'une des populations humaines d'Afrique se divisait en deux groupes. Le premier est resté où il était et allait évoluer avec le temps en humains modernes – c'est nous. L'autre partit pour un voyage qui s'acheva en Europe. Ces gens étaient des Homo neanderthalensis – plus communément appelés Néandertaliens.

Certains appellent les Néandertaliens « nos cousins ». C'est parce que nous avons peut-être un parent commun avec eux : Homo heidelbergensis, qui a très probablement évolué à partir d'Homo erectus. De manière assez curieuse, cependant, toutes ces espèces ont probablement existé en même temps. Homo erectus, par exemple, ne s'est éteint qu'il y a environ 135 000 ans. Si on y pense, c'est en fait assez récent dans l'histoire de l'humanité !

On ne sait pas exactement quand les humains modernes – Homo sapiens – et les Néandertaliens se sont séparés, et certains pensent que la division s'est produite il y a au moins un million d'années. Mais le fait est qu’ils se sont séparés, et qu’il en a résulté des populations séparées. Ces derniers temps, nous avons également découvert que les espèces qui sont devenues les Néandertaliens ont développé une branche asiatique - appelée les Dénisoviens.

L'existence des Dénisoviens a été déduite de l'ADN « non-humain » d'os anciens qui ne semblaient pas appartenir aux Néandertaliens. Puis, en 2010, des généticiens ont découvert que quelques morceaux d'os et de dents découverts dans une grotte sibérienne contenaient en effet de l'ADN de Dénisovien. Et si cela ne suffisait pas, un troisième groupe a peut-être existé : l’individu nain Homo floresiensis, qui était, entre autres choses, doté de longs pieds !

Mais passons à une période plus récente. La plupart des scientifiques pensent que les personnes restées en Afrique sont devenues des humains modernes. Ces gens se sont ensuite répandus dans le monde. Il y a aussi le modèle dit « multirégional », qui envisage que les humains ont évolué dans divers endroits après avoir déjà quitté l'Afrique.

Dans le modèle multirégional, les humains évolués se sont mélangés, et le résultat en est les humains que nous voyons aujourd'hui. Mais la génétique va dans le sens du modèle d'évolution « hors d'Afrique », soit la théorie sur laquelle s’accordent la plupart des scientifiques. Par ailleurs, les espèces qui ont quitté l'Afrique bien avant que les humains modernes ne le fassent ont également laissé leur propre trace. Un petit pourcentage d'entre nous a encore des quantités infimes de gènes néandertaliens ou dénisoviens, comme vous le savez peut-être si vous avez déjà fait un test ADN !

Et nous pouvons en dire beaucoup sur nos ancêtres à travers les fossiles. Les plus anciens restes humains qui avaient des corps similaires au nôtre se présentent sous la forme de deux crânes trouvés dans le sud-ouest de l'Éthiopie. Ces ossements, provenant du parc national de l'Omo, datent de 195 000 ans. Cela semble être une éternité, bien sûr, mais ce n'est rien si l'on considère que nous avons découvert des humains anciens datant d’il y a six millions d'années.

Mais qu’en est-il des migrants originaires d'Afrique ? Eh bien, tout n’était pas rose pour eux. En fait, ils étaient au bord de l'extinction, ne comptant pas plus de dix mille individus à leur point le plus bas. Mais, bien sûr, les choses allaient s'arranger pour l'espèce humaine. Et il y a une raison surprenante à cela.

Il y a environ 70 000 ans, un supervolcan est entré en éruption à Sumatra, en Indonésie. L'explosion du mont Toba a probablement provoqué un « hiver nucléaire » et une ère glaciaire qui a duré un millénaire. On pourrait penser que cela allait sonner le glas de l’espèce humaine, mais il n’en fut rien ! Il est possible, cependant, qu'ils n'aient émergé du grand froid qu'en coopérant et en formant des groupes familiaux très unis. Avec le temps, ceux-ci sont peut-être devenus des tribus.

Une fois que les humains ont appris à coopérer les uns avec les autres, ils ont commencé à faire beaucoup mieux. Une deuxième vague a quitté l'Afrique, et cette fois, les gens étaient vraiment comme nous, à la fois dans leur apparence et dans la façon dont ils se comportaient. Ils se sont rapidement répandus à travers le monde et leur nombre a explosé. De nos jours, bien sûr, nous sommes plusieurs milliards sur la planète.

Mais lorsque nos ancêtres ont quitté l'Afrique, ils n'ont pas simplement erré dans un monde vide. En effet, certains des anciens humains qui étaient partis avant eux vivaient encore dans d'autres endroits. Et parmi eux se trouvaient les Néandertaliens. Ils ont été nommés ainsi d'après la vallée de Neander - l'endroit en Allemagne où leurs fossiles ont été découverts pour la première fois.

Comme vous l'avez peut-être vu dans les reconstitutions, les Néandertaliens avaient le front incliné et de grandes arêtes au niveau des sourcils. Leurs nez massifs étaient également utiles, car ils leur permettaient de réchauffer et d'humidifier l'air froid qu'ils respiraient. Dans l'ensemble, le climat glacial dans lequel vivaient les Néandertaliens les avait amenés à évoluer pour être plutôt petits et trapus. Ils avaient cependant de gros cerveaux similaires aux nôtres.

Ces cerveaux ont permis aux Néandertaliens de créer des outils compliqués à partir d'os et de pierre. Il est même possible qu'ils connussent suffisamment de chimie pour créer leurs propres allume-feux. Par ailleurs, ils avaient un type de remède qu'ils utilisaient sur eux-mêmes. Et pendant leur temps libre, ils créaient de l'art.

Cela vous surprend ? Oui, les Néandertaliens n'étaient pas les simples brutes qu'on a trop longtemps décrites. Au lieu de cela, ils étaient une branche prospère de la lignée évolutive humaine. Et ils ont prospéré en Europe après leur première apparition il y a 250 000 ans.

Puis, finalement, les humains modernes se sont propagés rapidement au Proche-Orient. Nous le savons parce que des vestiges datant d'il y a 130 000 ans ont été retrouvés en Palestine. Dans le même temps, des membres de l'espèce ont peut-être laissé des outils dans ce qui est maintenant les Émirats Arabes Unis. Cependant, alors que les gens essayaient de se déplacer du Proche-Orient vers l'Europe, ils se sont heurtés à un problème de taille.

Tout comme nos ancêtres, les Néandertaliens avaient appris la valeur de la coopération. Ils chassaient par exemple le gros gibier en groupe. Mais ils étaient des prédateurs au sommet de la chaine alimentaire, et comptaient ainsi très peu de menaces dans leur environnement. Cela signifie que la surpopulation constituait toujours une menace. Non seulement cela, mais il est également probable qu'ils se soient battu pour le territoire.

Ce désir d'acquérir et de défendre des terres ne se limite pas aux humains. Les chimpanzés présentent également ce comportement. Les mâles de l'espèce se rassembleraient et affrontaient leurs rivaux d'une manière qui ressemble beaucoup à une guerre entre humains. Cela suggère que la coopération dans un conflit agressif a évolué depuis notre ancêtre commun. Et les Néandertaliens faisaient probablement de même.

Les Néandertaliens avaient des armes pour chasser le gibier. Ils se groupaient pour chasser les animaux et les abattaient avec des lances. Même les mammouths n'étaient pas de taille pour ces hominidés courageux. Et il semble difficile de croire que les Néandertaliens n'auraient pas utilisé leurs armes pour défendre leur territoire.

Il y a même des preuves qu’ils le faisaient. On a ainsi retrouvé un squelette vieux de 36 000 ans à Saint-Césaire, en France, dont le crâne présentait une curieuse fracture qui avait guéri. Rien de surprenant étant donné les temps dangereux dans lesquels il vivait, mais la médecine légale montre que cette blessure a probablement été causée par un outil tranchant. En d'autres termes, le squelette est celui d'un homme qui a été transpercé au niveau de la tête.

En fait, les squelettes de Néandertal montrent souvent des signes de dommages qui ont ensuite guéri ou d’os dont l’état s’est dégradé après une blessure. Et s'il est possible qu'ils aient été blessés par des animaux qu'ils chassaient, ils auraient également pu être victimes d’attaques à la massue ou à la lance. Les humains de la même époque présentent les mêmes types de cicatrices.

Les restes de Néandertal présentent également de nombreuses fractures au niveau des bras, probablement causées par leurs tentatives de repousser les coups de lance. Un squelette trouvé en Irak semble même avoir une blessure de lance profonde dans la poitrine. Et de telles blessures traumatiques étaient apparemment courantes chez les jeunes Néandertaliens. Elles semblent suggérer des conflits courts mais durables entre les tribus - ou, en d'autres termes, une longue guerre.

Mais l’indice le plus probant qu'il y ait eu une guerre ancienne est la frontière entre les territoires. Alors que les humains modernes se sont propagés rapidement un peu partout sur la planète, éradiquant toutes les espèces préexistantes, ils ont fait des progrès relativement lents dans les zones habitées par les Néandertaliens. Il semble donc que les Néandertaliens ont riposté, résistant aux vagues d’humains modernes jusqu'à 100 000 ans.

Cela semble une réponse claire à la raison pour laquelle les humains modernes sont restés si longtemps en Afrique. Ils n'y ont pas rencontré un environnement trop dangereux pour eux. Mais en dehors ? Eh bien, là, ils ont rencontré des créatures armées et attachées à leur territoire, qui étaient déterminées à les empêcher de prendre leurs terres.

Vous voulez une preuve que les Néandertaliens étaient un ennemi redoutable ? Eh bien, même si les premiers humains modernes ont quitté l'Afrique pour la première fois il y a environ 200 000 ans, les Néandertaliens n'ont en fait disparu que 150 000 ans après. Homo sapiens a également pénétré le territoire de Néandertal en Grèce moderne et en Palestine avant d'être repoussés. Mais à la fin, une seule espèce allait être victorieuse.

L'archéologie révèle le flux et le reflux des deux populations. Deux squelettes – un Homo sapiens, un Néandertal – ont été retrouvés sur le même site, bien que l'un soit beaucoup plus ancien que l'autre. Même il y a environ 50 000 ans, des Néandertaliens se trouvaient encore au Moyen-Orient, comme le montrent les découvertes de la grotte de Kebara en Palestine.

Pourquoi les deux espèces n'ont-elles pas simplement vécu côte à côte ? Eh bien, alors qu'elles ont pu le faire pendant de longues périodes - et le mélange de leurs gènes montre qu'elles ont dû être en contact - seule la population d'Homo sapiens a augmenté. Cela signifie qu'ils avaient besoin de terres, ce qui les obligeait à se battre pour le territoire.

Et ce conflit a duré, semble-t-il, des dizaines de milliers d'années. Les deux parties disposaient du même type d'équipement et se battaient probablement de la même manière, ce qui signifie qu'elles étaient à peu près à armes égales. Mais les Néandertaliens ont prévalu pendant la majeure partie de la guerre.

Comment les Néandertaliens ont-ils fait ? Pour commencer, ils connaissaient le pays. Ils étaient là depuis des millénaires, après tout. Ils avaient aussi de grands yeux, ce qui signifiait probablement qu'ils pouvaient mieux voir que l'Homo sapiens dans des conditions de faible luminosité. Et pour couronner le tout, ils étaient solides et volumineux. En gros, ils étaient dangereux si vous vous en approchiez !

Mais les Néandertaliens ont finalement perdu, bien que nous ne puissions pas dire exactement pourquoi. C'est peut-être simplement parce qu’Homo sapiens a développé des armes qui lui ont permis de frapper les Néandertaliens à distance. Ils avaient des arcs, des massues qu'ils pouvaient lancer et de l'équipement qui permettait de lancer des lances plus loin.

Une autre théorie est basée sur ce que les deux parties mangeaient. Après avoir étudié les isotopes laissés dans les squelettes d'Homo sapiens et de Néandertaliens, des scientifiques ont découvert que ce dernier groupe tirait presque toutes ses protéines de la viande. Les humains, d'autre part, avaient commencé à consommer du poisson. Ce régime alimentaire plus large a contribué à produire des populations plus importantes et aurait pu conduire les Néandertaliens à être submergés par leur nombre.

Qu'il s'agisse d'une meilleure alimentation ou de meilleures armes, les humains ont finalement détruit les Néandertaliens. Mais cela ne s'est pas produit rapidement, nous ne devrions donc pas imaginer des ennemis faibles ou pacifiques. Au contraire : les humains avaient rencontré une résistance féroce qui a duré plusieurs milliers d'années avant que les Néandertaliens ne disparaissent.

N’allez cependant pas croire que tout n’était que guerre et désolation ; les Néandertaliens sont toujours avec nous – bien que d'une manière différente. Certaines personnes d'Europe et d'Asie ont dans leur génome la preuve que les humains et les Néandertaliens étaient capables de s'accoupler. Ailleurs, d'autres espèces « fantômes » ont apporté leur ADN à la mosaïque humaine. Alors, ayez une pensée pour ces peuples anciens lors de votre prochain test ADN. Vous découvrirez peut-être même que vous avez un peu de Néandertal en vous...

Sources : DAVID RULE